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Love Périgord se souvient

Daniel L’Homond, le rémouleur de mots usés

Les territoires parlent. Encore faut-il prendre le temps de les écouter.
Daniel L’Homond, conteur du Périgord

Il y a des personnes qui ressemblent à leur territoire. Et puis il y a celles qui deviennent l’une de ses voix. Daniel L’Homond appartenait à cette seconde catégorie.

Lorsqu’on parle du Périgord, on évoque souvent les pierres blondes, les rivières, les châteaux, les marchés ou les forêts. Mais un territoire n’est jamais seulement un paysage. Il est aussi constitué de voix, de mots, d’accents, d’histoires que l’on se transmet de génération en génération.

Daniel L’Homond était l’un de ces passeurs. Conteur, poète, écrivain, amoureux du français et de l’occitan, il possédait ce talent rare de faire surgir l’universel à partir d’un coin de chemin, d’une place de village ou d’une conversation entendue au bord d’une rivière.

À une époque où tant de territoires cherchent à se raconter à travers des slogans, lui racontait les gens : les anciens, les rêveurs, les travailleurs, les enfants, les petites histoires qui deviennent parfois les plus grandes.

Lorsqu’on l’écoutait, le Périgord cessait d’être une destination. Il redevenait un pays. Un pays habité. Un pays qui parlait. Un pays qui se souvenait.

« Il ne racontait pas le Périgord : il le faisait parler. »

Peut-être est-ce pour cela que son œuvre résonne si fortement avec ce que nous essayons de faire à Love Périgord. Nous croyons que les territoires ont une voix, que les lieux portent des histoires, que les paysages deviennent plus beaux lorsqu’on comprend ce qu’ils racontent.

Une mémoire vivante

Daniel L’Homond avait compris cela depuis longtemps. Bien avant les podcasts, bien avant les réseaux sociaux, bien avant que l’on parle de storytelling territorial.

Il savait qu’un territoire ne se résume jamais à ce que l’on voit. Il existe dans ce qui se dit, dans ce qui se transmet, dans ce qui demeure vivant dans la mémoire des habitants.

Le 22 avril 2026, Daniel L’Homond s’est éteint à Saint-Julien-de-Lampon. Mais les conteurs ne disparaissent jamais tout à fait. Ils demeurent dans les phrases que l’on répète, dans les histoires que l’on transmet, dans les paysages que l’on regarde autrement après les avoir écoutés.

À Love Périgord, nous aimons penser que certains habitants deviennent peu à peu des éléments du territoire lui-même. Comme une rivière. Comme un vieux chêne. Comme un chemin que l’on emprunte depuis toujours.

Daniel L’Homond est désormais de ceux-là.

On l’appelait parfois le rémouleur de mots usés. Là où d’autres laissaient les mots s’émousser, lui leur redonnait du tranchant. Là où certains voyaient des anecdotes, il révélait des récits. Là où d’autres regardaient un village, il entendait encore les voix de ceux qui l’avaient habité.

Et lorsque nous continuerons à raconter les villages, les marchés, les librairies, les rivières et les habitants du Périgord, il y aura sans doute un peu de sa voix dans nos pages.

Parce qu’il nous a rappelé quelque chose d’essentiel : les territoires parlent. Encore faut-il prendre le temps de les écouter.

Écouter Daniel L’Homond

Un conteur ne se découvre jamais complètement par écrit. Il faut entendre sa voix, son souffle, ses silences, sa manière d’attraper les mots pour les remettre debout.

Ce que l’on disait de lui

Quand les journaux, les scènes et les festivals parlaient de Daniel L’Homond, ils ne décrivaient pas seulement un conteur talentueux. Ils tentaient de saisir un phénomène plus rare : une parole capable de traverser les frontières du local pour rejoindre quelque chose de plus vaste.

Ce qui revenait sans cesse, c’était d’abord la puissance de sa présence. Daniel L’Homond était perçu comme un homme de scène, un passeur capable de tenir un public par la voix, le rythme, l’humour, la tendresse et cette manière très particulière de faire surgir des mondes à partir de quelques mots.

On soulignait aussi son ancrage périgourdin. Il portait son pays avec lui, mais sans jamais l’enfermer dans le folklore. Son français, traversé d’occitan, ouvrait un espace où la mémoire locale devenait matière poétique, fantastique et universelle.

Une voix de scène

Ceux qui l’ont vu jouer retenaient son énergie, son adresse au public, sa présence physique, sa gouaille et sa capacité à transformer le conte en expérience vivante.

Un Périgord universel

Daniel L’Homond parlait depuis le Périgord, mais son inspiration dépassait le cadre régional. Les lieux, les accents et les mémoires devenaient chez lui matière à voyage intérieur.

Un artisan de l’imaginaire

On reconnaissait en lui un créateur d’images, un poète oral, un homme capable de faire tenir ensemble humour, tendresse, fantastique, mémoire collective et vision du monde.

Un passeur de mémoire

Sa parole ne conservait pas le passé comme une relique. Elle le remettait en mouvement, avec ses gestes, ses métiers, ses paysages et ses voix.

Au fond, ce que l’on disait de lui dessinait toujours la même figure : celle d’un homme qui ne séparait jamais la parole du territoire, ni le rire de la profondeur. Daniel L’Homond racontait pour relier.

C’est pourquoi son œuvre garde une force particulière pour Love Périgord. Elle rappelle qu’un territoire devient vraiment vivant lorsqu’il trouve quelqu’un pour écouter ce qu’il murmure, puis quelqu’un pour le redire avec justesse.

À Daniel L’Homond, conteur du Périgord, passeur de mémoire et rémouleur de mots usés.

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