
Saman : quatre voix, mille chemins
Un concert traverse les siècles en une soirée. On peut ensuite retrouver les artistes, explorer les œuvres et continuer à poser des questions sur ce que l'on a entendu.
Qui est Saman ?
Formé en 2020, ce quatuor vocal souhaite partager avec un large public des répertoires qui se croisent : musique médiévale, Renaissance, chants traditionnels et œuvres des XIXe, XXe et XXIe siècles. Les quatre chanteuses échangent avec le public en conteuses, dans un esprit de proximité.
Selon la présentation de l'ensemble, Saman désigne en Indonésie une danse de fête qui renforce les liens entre villageois. En islandais, le mot signifie « ensemble ».
Perrine Devillers
Après des études de clarinette et de sciences de l'éducation, elle s'est spécialisée en musique ancienne à la Schola Cantorum de Bâle. Son parcours la mène notamment vers les madrigaux de la Renaissance et les répertoires médiévaux et baroques.
Comment fait-on revivre aujourd'hui une musique conservée depuis plusieurs siècles ?
Marie Pouchelon
Formée à la Maîtrise de Radio France puis à la musicologie, elle travaille avec de nombreux ensembles. Son parcours relie la création contemporaine et la musique ancienne.
Que change, pour une chanteuse, le passage d'une œuvre ancienne à une création récente ?
Corinne Bahuaud
Venue du chant choral, elle a étudié la musicologie et le chant dans plusieurs conservatoires. Elle interprète la Renaissance et le baroque tout en participant à des créations contemporaines.
Comment quatre voix trouvent-elles une couleur commune tout en gardant chacune leur personnalité ?
Anne-Emmanuelle Davy
Elle a étudié la flûte traversière et le chant lyrique au CNSMD de Lyon. Son travail traverse la musique ancienne, l'opéra contemporain et les projets qui rencontrent le théâtre.
Que peut raconter une voix lorsqu'elle chante aussi comme une comédienne ?
Un concert, plusieurs siècles de musique
Saman fait voyager la voix entre des mondes éloignés dans le temps. Chaque œuvre pose sous une forme différente la question du rapport entre les mots et la musique. Ouvrez les étapes du programme pour découvrir quelques repères.
1. Sibelius et Rautavaara : la musique et les mots
Jean Sibelius est une grande figure de la musique finlandaise. Le programme s'ouvre avec Nejden andas, extrait de Islossningen i Uleå älv. Écoutons la manière dont une phrase passe d'une voix à l'autre : la musique peut donner du mouvement aux mots avant même que nous les comprenions.
Einojuhani Rautavaara appartient à une génération plus récente. Deux pièces annoncées dans le programme font partie d'une suite liée au poète espagnol Federico García Lorca. Une autre, Wenn sich die Welt auftut, porte un titre allemand. Passer d'une langue à l'autre modifie déjà la couleur que nous entendons.
À écouter : que reconnaît-on d'une émotion chantée lorsque l'on ne connaît pas la langue ?
2. Dufay et Borlet : la musique conservée dans les manuscrits
Guillaume Dufay nous conduit vers le XVe siècle. Ma belle Dame Souveraine rappelle la place de la poésie amoureuse dans les chansons anciennes : une personne s'adresse à une autre, et les voix portent cette adresse.
Le programme associe He, tres doulz roussignol, de Borlet, au Codex Chantilly. Un codex est un manuscrit. Bien avant les enregistrements, copier la musique permettait de la transmettre. L'entendre aujourd'hui, c'est aussi rencontrer une histoire de conservation et de redécouverte.
À écouter : les voix avancent-elles ensemble ou semblent-elles suivre chacune leur propre chemin ?
3. Le Cancionero de Uppsala : une chanson qui a voyagé
Ay luna que reluzes est présenté dans le programme sous le nom du Cancionero de Uppsala. Un cancionero est un recueil de chansons. Le titre espagnol s'adresse à la lune : quelques mots suffisent à faire naître une scène.
Par quels chemins une chanson traverse-t-elle les siècles avant de parvenir aux chanteuses de Saman et au public réuni à Domme ?
À écouter : quel rôle les répétitions jouent-elles dans la mémoire d'une chanson ?
4. Thierry Machuel : une œuvre de notre temps
Avec The Invisible Kingdom, daté de 2005 dans le programme, nous arrivons à la création contemporaine. Une œuvre récente peut employer les mêmes voix qu'une pièce ancienne et leur demander d'autres équilibres, d'autres gestes, d'autres façons de faire entendre les mots.
À écouter : qu'est-ce qui paraît familier, et qu'est-ce qui surprend dans cette écriture ?
5. Schumann : la poésie romantique à plusieurs voix
Après l'entracte, quatre pièces de Robert Schumann nous conduisent dans le romantisme allemand : Der Wassermann, Das verlassene Mägdlein, Klosterfräulein et Das Bleicherin Nachtlied.
Ces pièces appartiennent aux Romanzen pour voix féminines des opus 69 et 91. Schumann met en musique des poèmes : derrière chaque chant se trouve donc aussi une œuvre littéraire, avec ses images et ses personnages.
À écouter : les chanteuses racontent-elles ces scènes comme une seule voix collective ou comme plusieurs personnages ?
6. Pascal Caumont : la langue occitane dans le concert
Se io sabia volar et Nosta dama deu cap deu pont font entendre l'occitan. Cette langue donne au programme une résonance particulière en Périgord, où sa transmission fait aussi partie de l'histoire culturelle du territoire.
Les paroles et leur traduction invitent à découvrir ce que disent ces chansons, mais aussi ce que la langue apporte à leur rythme et à leur sonorité.
À écouter : une langue que l'on ne parle pas peut-elle malgré tout sembler proche ?
7. Bartók : la rencontre avec les musiques populaires
Le programme retient quatre numéros des Vingt-sept Chœurs à deux et trois voix de Béla Bartók. Le compositeur hongrois fut aussi un chercheur passionné par les chants populaires. Il recueillit et étudia des mélodies dans plusieurs régions d'Europe et au-delà.
Son intérêt pour ces traditions a nourri son travail de compositeur. Les musiques transmises de génération en génération peuvent ainsi devenir une source de formes et d'idées nouvelles.
À écouter : entend-on des rythmes, des échanges rapides ou des contrastes marqués entre les voix ?
8. Guillaume Prieur : une dernière rose
La Rose et le Rosier, datée de 2009 dans le programme, termine ce parcours. Son titre fait revenir deux images que chansons et poèmes ont souvent fait vivre : la fleur et la plante qui la porte.
À écouter : que laisse cette dernière pièce dans votre mémoire lorsque les voix se taisent ?
Une question pour traverser tout le concert : qu'est-ce qui change lorsque des musiques anciennes, des chansons transmises et des créations récentes sont chantées par les mêmes quatre personnes ?
Écouter aussi les liens entre les œuvres
Les langues
Les titres français, allemands, espagnols, occitans et hongrois invitent à entendre la sonorité des mots autant que leur sens.
Les sources
Un manuscrit, un poème ou une chanson transmise peut devenir le point de départ d'une enquête accessible à tous.
Les interprètes
Ce programme prend une autre dimension lorsque les chanteuses racontent leur rapport aux œuvres et la façon dont elles les font dialoguer.
Qu'aimeriez-vous savoir sur Saman ?
Qui sont les quatre chanteuses ? Que racontent les œuvres du programme ? Quelles langues entend-on au fil du concert ? Posez votre question à Love Périgord et poursuivez la découverte.
L'espace de dialogue se trouve juste sous cette présentation.
Et après le concert ?
Une œuvre entendue à Domme peut donner envie de retrouver son compositeur, de lire le poème qui l'a inspirée ou d'écouter une autre interprétation. Les parcours de Perrine Devillers, Marie Pouchelon, Corinne Bahuaud et Anne-Emmanuelle Davy ouvrent eux aussi vers d'autres concerts et créations.
Qu'avez-vous aimé, découvert ou trouvé surprenant ? Sur le groupe Facebook Culture Périgord, vous pouvez partager vos réactions après le concert, parler des œuvres, poser des questions et poursuivre le dialogue autour des artistes.
Cette page peut continuer à accueillir de nouvelles découvertes sur Saman et sur les musiques entendues le 26 septembre 2026.
Présentation et programme : documents communiqués par les artistes. Concert organisé par l'Office de la culture de Domme en partenariat avec l'association Arcades.