À leur rythme
On dit que les adultes se remettent à l’équitation pour bouger, respirer, retrouver la nature.
Mais ce n’est pas exactement cela qu’ils viennent chercher.
En réalité, ils viennent détourner quelque chose.
Ils détournent le temps.
Dans la vie quotidienne, tout avance trop vite : les journées s’enchaînent, les écrans capturent l’attention, les gestes deviennent automatiques. Le corps suit le rythme des obligations, jamais le sien.
Le cheval, lui, ne connaît pas cette accélération.
Il impose un autre régime du monde. Un régime ancien, presque oublié : celui de la lenteur habitée. On ne peut pas le presser sans se perdre soi-même. On ne peut pas penser à autre chose sans perdre le contact.
Alors, l’équitation devient un détournement discret du quotidien moderne.
On croit pratiquer un sport.
On apprend en réalité à quitter la vitesse.
On croit chercher un effort physique.
On découvre un espace où le corps redevient un lieu sensible.
On croit reprendre une activité.
On détourne simplement sa vie vers un autre rythme.
Ce n’est donc pas un retour à l’enfance.
C’est un retour à une temporalité plus profonde : celle où avancer ne signifie pas aller plus vite, mais être pleinement présent au mouvement.
