
Découvrir Sarlat
et La Boétie
en toute tranquillité
Une visite guidée virtuelle, un podcast savant, une visite 360° — et au détour d'une demeure Renaissance, une question vieille de cinq siècles qui ne vieillit pas.
Quelle bonne idée ! L'Office du Tourisme de Sarlat nous fait visiter la capitale du Périgord Noir sur Facebook. Et la première vidéo publiée est évidemment réservée à Étienne de La Boétie — enfant prodige, philosophe, poète, et ami de Montaigne. Devant sa maison, notre guide conférencière présente l'édifice, construit par le père d'Étienne, et les idées de ce génie qui, à sept ans, maîtrisait déjà français, grec et latin.
La maison d'Étienne de La Boétie à Sarlat
Notre guide sarladaise nous parle du fameux Discours de la servitude volontaire, et de son origine dans une ouverture aux idées de la Renaissance, à un humanisme qu'il exprime d'une façon inattendue… et tellement actuelle.
Il faut le lire. Il est d'une permanente actualité. Perdons-nous volontairement la liberté, et jusqu'à la souvenance de la liberté ?
Bien sûr, notre guide rappelle l'amitié de La Boétie avec Michel de Montaigne à Bordeaux — l'une des grandes amitiés de la littérature française, célébrée en termes simples et bouleversants : « Parce que c'était lui, parce que c'était moi. »

Connue des Bordelais pour son Histoire de Bordeaux (2010, Le Pérégrinateur éditeur), Anne-Marie Cocula-Vaillières signe en 2018 une étude de référence sur La Boétie.
Perdons-nous volontairement la liberté,
et jusqu'à la souvenance de la liberté ?
La Boétie écrit ce texte révolutionnaire à environ dix-huit ans. Il y interroge le mécanisme par lequel les peuples consentent à leur propre servitude — non par force, mais par habitude, par peur, par désir de plaire au tyran. Un texte que l'on croirait écrit hier.
Cinq siècles plus tard, la question reste entière. Et c'est peut-être la plus grande force de cette demeure Renaissance de Sarlat : vous mettre face à une pensée dont l'actualité ne cesse de s'affirmer.
Mais savez-vous d'où vient
l'expression « trier sur le volet » ?
Cette belle demeure du centre médiéval de Sarlat offre une autre occasion de connaissance, inattendue et savoureuse.
Au Moyen Âge, le volet n'était pas celui qui ferme les fenêtres — ce dernier n'apparaît qu'au XVIIe siècle. C'était un tissu si fin et léger qu'il pouvait voleter au vent, utilisé pour fabriquer des tamis servant à trier les graines.
Au XVe siècle, le volet désignait aussi l'assiette en bois dans laquelle les femmes triaient les pois et les fèves. Rabelais en atteste : « Élus, choisis et triés comme beaux pois sur le volet. » Et Montaigne lui-même écrit qu'il lui faut ses interlocuteurs « triés sur le volet ».
La maison de La Boétie est précisément de cette époque — et c'est depuis cette demeure que la langue française a conservé, sans toujours le savoir, ce souvenir de gestes domestiques disparus.
Attesté chez Rabelais (1532), Montaigne et Brantôme au XVIe siècle.
Le volet-fenêtre n'apparaît qu'au XVIIe siècle — postérieur à l'expression.
Car La Boétie était aussi un poète — et c'est peut-être là sa face la plus intime.
De quoi me huy servirait la défense,
Que d'agrandir et la peine et l'offense ?


