Double joie culturelle, que nous donnent l’architecture et l’ambiance médiévale de la maison d’Etienne de la Boétie, et le contenu philosophique et politique de sa pensée.

Voici l’œuvre qu’il a écrite  lorsqu’il avait16 ou 18 ans ! Une telle érudition, une telle profondeur, sont stupéfiants. Et Montaigne, son grand ami (parce que c’était lui, parce que c’était moi) ne s’y est pas trompé, bien qu’il n’ait pas souhaité l’inclure dans ses essais. La thèse est radicale, complètement nouvelle : la servitude n’est pas imposée par la force mais volontaire.

 

Vous pouvez télécharger le livre, ou le feuilleter en ligne

 

Le destin du Discours de la servitude volontaire
Une histoire passionnante, par Anne-Marie Cocula, qui est une grande spécialiste

 

Suivons l’Office du Tourisme de Sarlat, qui nous fait visiter la ville sur Facebook.
La première vidéo publiée est évidemment réservée à Etienne de La Boétie. Devant sa maison notre guide conférencière nous présente l’édifice, construit par le père d’Etienne de la Boétie, et les idées de ce génie qui, à 7 ans, maîtrise, français grec et latin. Bien sûr elle nous parle du fameux « Discours de la servitude volontaire », et son origine dans une ouverture aux idées de la Renaissance, à un humanisme qu’il exprime d’une façon inattendue… et tellement actuelle… Lisz le livre : il est en accès libre ici ! Son vous trouble peut-être… Perdons nous volontairement la liberté, et jusqu’à la souvenance de la liberté ?

Bien sûr, notre guide sarladaise rappelle l’amitié de La Boétie avec Michel de Montaigne à Bordeaux. Mais cette belle demeure du centre médiéval de Sarlat offre une autre occasion de connaissance : savez-vous d’où vient l’expression « trier sur le volet » ?

Mais savez-vous surtout que La Boétie était aussi un poète,  un Troubadour ?

C’est faict, mon coeur, quitons la liberté

C’est fait mon cœur, quittons la liberté.
De quoi me huy servirait la défense,
Que d’agrandir et la peine et l’offense ?
Plus ne suis fort, ainsi que j’ai été.

La raison fut un temps de mon côté,
Or révoltée elle veut que je pense
Qu’il faut servir, et prendre en récompense
Qu’onc d’un tel nœud nul ne fut arrêté.

S’il se faut rendre, alors il est saison,
Quand on n’a plus devers soi la raison.
Je vois qu’amour, sans que je le déserve,

Sans aucun droit, se vient saisir de moi ?
Et vois qu’encore il faut à ce grand Roi
Quand il a tort, que la raison lui serve.

 Ce texte provenant de son recueil, Vingt et neuf sonnets, ne serait-il pas un poème satirique qui constitue en fait une exhortation à la liberté ?

Écoutez la bien connue des Bordelais Anne-Marie Cocula-Vaillières (2010 : Histoire de Bordeaux, 2010, Toulouse, Le Pérégrinateur éditeur et 2018 : Étienne de La Boétie et le destin du Discours de la servitude volontaire, Paris, Éditions Classiques Garnier) :

Etienne de La Boétie et le destin du Discours de la servitude volontaire, et d’abord la situation de l’Aquitaine au 16ème siècle.